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Analyse

CEF-T-2026-AFIFGEN : décryptage de l’appel de 130 M€ pour la recharge poids lourds sur le RTE-T (clôture 6 octobre 2026)

Par Dr Konstantin Ilchev · 25 septembre 2026 · Analyse sourcée

L'essentiel. Le 18 juin 2026, l’agence exécutive européenne CINEA a ouvert un appel Connecting Europe Facility (CEF) Transport doté d’une enveloppe de 130 M€ pour cofinancer le déploiement de bornes de recharge électrique pour poids lourds et l’électrification des opérations au sol dans les aéroports du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). La clôture est fixée au 6 octobre 2026, 17h00 CET (Bruxelles) – c

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Le 18 juin 2026, l’agence exécutive européenne CINEA a ouvert un appel Connecting Europe Facility (CEF) Transport doté d’une enveloppe de 130 M€ pour cofinancer le déploiement de bornes de recharge électrique pour poids lourds et l’électrification des opérations au sol dans les aéroports du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). La clôture est fixée au 6 octobre 2026, 17h00 CET (Bruxelles) – cet article paraît onze jours avant l’échéance. À la différence de l’appel CEF Énergie, ouvert le 30 avril 2026 et présenté sur ce site le 24 septembre, réservé aux seuls projets déjà inscrits sur une liste européenne, cet appel – l’« Alternative Fuel Infrastructure Facility – General envelope » (CEF-T-2026-AFIFGEN) – ne s’appuie sur aucune liste préalable de projets.

Une ouverture formelle, mais deux verrous d’accès réels

Le call document officiel (CINEA, version 1.0, 18 juin 2026) rattache le périmètre technique de l’appel au règlement (UE) 2023/1804 sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs – le règlement dit « AFIR » – et au règlement (UE) 2024/1679 portant révision des orientations RTE-T : l’infrastructure financée doit être déployée en conformité avec ces deux textes. Un règlement européen, à la différence d’une directive, est d’application directe dans l’ensemble des États membres, sans loi nationale de transposition – mais le call document lui-même n’impose au candidat qu’une exigence de conformité technique, pas une description de la répartition des obligations AFIR entre États et opérateurs privés. Nous nous limitons ici à ce que le texte de l’appel établit.

L’absence de liste préalable ne signifie pas un accès sans condition. Deux pièces obligatoires filtrent en réalité la candidature : une lettre de soutien de l’État membre ou pays tiers associé dont relève le projet, et une preuve de financement institutionnel d’au moins 10 % du coût total du projet, approuvé par les instances de gouvernance de l’établissement financier concerné (une ligne de crédit non engagée ne suffit pas). C’est ce second point, documenté par une lettre d’approbation à fournir au plus tard 30 jours après la notification du résultat, qui distingue le plus nettement cet appel d’un guichet ouvert à tout porteur de projet émergent.

Ce que finance concrètement l’appel

Le texte de l’appel distingue deux catégories d’infrastructure éligible. D’une part, des pools de recharge ouverts au public dédiés aux poids lourds : au moins 4 bornes MCS (Megawatt Charging System) de 1 MW minimum chacune, ce socle pouvant être complété – sans le remplacer – par des bornes CCS de 350 kW minimum, dans la limite d’un nombre de bornes CCS n’excédant pas celui des bornes MCS. L’implantation doit se situer sur le réseau routier RTE-T, à moins de 3 km d’une sortie RTE-T, dans une aire de stationnement sécurisée certifiée (SSPA), ou dans un nœud urbain RTE-T, y compris en zone portuaire ou aéroportuaire. D’autre part, l’électrification des opérations aéroportuaires au sol : alimentation électrique des aéronefs stationnés, des véhicules d’exploitation au sol et des aéronefs électriques ou hybrides, dans les aéroports RTE-T.

La liste des coûts explicitement exclus est longue et structurante : véhicules, acquisition foncière et location, équipements de raccordement appartenant au gestionnaire de réseau, coûts administratifs, coûts de personnel du candidat même pour des travaux internes, études et gestion de projet (en interne comme externalisées), dépenses de fonctionnement, et mise à niveau d’infrastructure existante. Une obligation encadre par ailleurs les deux volets : le bénéficiaire doit exploiter et maintenir l’infrastructure financée pendant au moins 5 ans après la fin de la convention de subvention.

Calendrier et plafonds

Calendrier et paramètres budgétaires de l’appel CEF-T-2026-AFIFGEN-COSTS — Source : call document CINEA, 18/06/2026
Étape / paramètre Valeur
Ouverture 18 juin 2026
Clôture des candidatures 6 octobre 2026, 17h00 CET (Bruxelles)
Budget disponible (ce topic) 130 000 000 EUR
Plafond de subvention par convention 10 000 000 EUR (au-delà : inéligible)

Taux de financement : 30 %, sensiblement inférieur au guichet CEF Énergie

Le taux de cofinancement est fixé à 30 % maximum des coûts de travaux, porté à 70 % pour les travaux situés dans les régions ultrapériphériques de l’Union. Ce plafond est nettement inférieur au taux de droit commun de 50 % (jusqu’à 75 %) de l’appel CEF Énergie PCI/PMI couvert précédemment sur ce site. Le call document n’explique pas cet écart ; une hypothèse de lecture – que le texte ne documente pas – est que les infrastructures de recharge génèrent des revenus d’exploitation directs, à la différence des réseaux énergétiques de transport. Ce que le texte établit avec certitude, en revanche, c’est que les subventions ne peuvent produire aucun profit pour le bénéficiaire, quel que soit le taux appliqué.

Qui candidate, en pratique ?

L’appel est ouvert à toute entité légale établie dans un pays éligible ; les personnes physiques en sont exclues, à l’exception des indépendants dans certains cas prévus par le règlement financier de l’UE. Le texte de l’appel n’impose aucun consortium multi-pays et indique explicitement que la composition en consortium n’est pas un critère applicable. Au-delà du dossier technique (limité à 120 pages), les candidats doivent réunir budget détaillé, rapports d’activité, liste de projets antérieurs, calendrier, lettre de soutien étatique, dossier de conformité environnementale complet, et lettre d’approbation du financement institutionnel – et s’inscrire au préalable au Participant Register de la Commission.

Note éditoriale sur les sources

Les données chiffrées de cet article (budget, calendrier, taux, plafonds, obligations d’éligibilité et d’exploitation, scope technique, coûts exclus) sont extraites directement du call document officiel publié par CINEA le 18 juin 2026 (version 1.0), re-téléchargé le 25 septembre 2026. Le taux de 50 % (jusqu’à 75 %) cité en comparaison pour l’appel CEF Énergie provient du call document CEF-E-2026-PCI-PMI (CINEA, version 1.0, 30/04/2026), déjà cité dans notre article du 24 septembre 2026 sur ce même appel. Les échéances calendaires et seuils techniques précis fixés par le règlement AFIR lui-même n’ont volontairement pas été cités faute d’avoir pu être recoupés sur le texte du règlement au moment de la rédaction (accès en mode automatisé non concluant sur EUR-Lex). Aucune autre donnée de cet article ne repose sur une source secondaire non recoupée.

Contenu produit par la rédaction de l’Observatoire des Transitions, édité par Hector Transitions.

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