Émissions de GES en France en 2024 : −3 % sur un an, rythme encore insuffisant pour la SNBC3
L'essentiel. 367 MtCO2e en 2024 (−3 %) : bilan sectoriel GES France, trajectoire SNBC3 et principaux écarts par secteur selon le CITEPA Secten 2026.
367 MtCO2e en 2024 : la France passe sous la tranche indicative SNBC3 pour la première fois
Selon le rapport Secten 2026 du CITEPA, publié en juin 2026, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France se sont élevées à 367 mégatonnes d’équivalent CO₂ (MtCO2e) en 2024 (périmètre Secten, hors puits de carbone), soit une réduction de 3,0 % (−11,2 MtCO2e) par rapport à 2023. Pour la première fois, la France se situe en dessous de la tranche indicative annuelle de la troisième stratégie nationale bas-carbone (SNBC3).
Par rapport à 1990, les émissions nationales affichent une réduction cumulée de 34,3 % selon le communiqué du ministère de la Transition écologique accompagnant la publication Secten 2026. Une tendance à la baisse qui se confirme, mais les trajectoires sectorielles restent hétérogènes — et le transport présente une résistance structurelle à la décarbonation.

Transport : premier secteur émetteur à 34 %, quasi stable depuis trente-cinq ans
Avec 124,9 MtCO2e et 34 % des émissions nationales, le transport est le premier secteur émetteur en France. C’est aussi le seul secteur dont les émissions sont quasi identiques à celles de 1990 (+0,2 % en trente-cinq ans) — alors que tous les autres grands secteurs affichent des baisses significatives.
En 2023-2024, la réduction n’a été que de −1,2 % (−1,5 MtCO2e), la plus faible de tous les secteurs en valeur relative. Ni la montée en puissance du véhicule électrique ni les politiques de report modal n’ont encore produit d’inflexion mesurable à l’échelle nationale.
L’industrie de l’énergie : baisse la plus marquée en 2023-2024 (−15,1 %)
La réduction la plus importante en 2023-2024 est celle de l’industrie de l’énergie : −5,5 MtCO2e, soit −15,1 %. Ce secteur représente à lui seul près de la moitié de la réduction totale annuelle. Sa performance reflète la progression des énergies renouvelables et la réduction des émissions des centrales thermiques — une dynamique documentée dans l’indicateur Mix électrique France 2024 : 95 % bas-carbone. Depuis 1990, ce secteur a réduit ses émissions de 58 %.
Industrie, bâtiment, agriculture : des baisses réelles mais insuffisantes
L’industrie manufacturière et de la construction (62,4 MtCO2e, 17 % du total) a reculé de 3,6 % en 2023-2024. Sa décarbonation bénéficie des signaux-prix du marché carbone européen (SEQE-UE), qui soumet les installations industrielles à un prix sur leurs émissions. En parallèle, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) encadre depuis octobre 2023 les importateurs de produits couverts (acier, aluminium, ciment, engrais, électricité, hydrogène) par une obligation de déclaration de leurs émissions incorporées — analysée dans notre décryptage CBAM 2026 : phase définitive du mécanisme carbone aux frontières.
Le bâtiment (résidentiel et tertiaire, 57,1 MtCO2e, 15 % du total) a baissé de 1,6 %. Depuis 1990, la réduction atteint 39 %, portée par le déploiement des pompes à chaleur et la rénovation thermique.
L’agriculture (76,0 MtCO2e, 21 % du total) n’a reculé que de 0,7 %, avec seulement −18 % depuis 1990 — une transition structurellement lente, liée aux émissions de méthane (élevage) et de protoxyde d’azote (fertilisants).
Tableau récapitulatif — Émissions GES France 2024 par secteur
| Secteur | 2024 (MtCO2e) | Part du total | Variation 2023-2024 | Variation depuis 1990 |
|---|---|---|---|---|
| Transport | 124,9 | 34 % | −1,2 % | +0,2 % |
| Agriculture | 76,0 | 21 % | −0,7 % | −18 % |
| Industrie manufacturière et construction | 62,4 | 17 % | −3,6 % | −55 % |
| Bâtiment (résidentiel et tertiaire) | 57,1 | 15 % | −1,6 % | −39 % |
| Industrie de l’énergie | 33,2 | 9 % | −15,1 % | −58 % |
| Déchets | 15,7 | 4 % | −2,2 % | −6 % |
| Total | 369,2 | 100 % | −1,8 % | −34,3 % |
Valeurs absolues 2024 : SDES, Chiffres clés du Climat 2025. Variations sectorielles 2023-2024 et 1990-2024 : CITEPA Secten 2026. Note de périmètre : le total SDES (369,2 MtCO2e) diffère légèrement du total format Secten (367 MtCO2e), référence nationale pour le suivi des budgets carbone SNBC3.
La cible 2030 (SNBC3) exige un rythme deux fois plus rapide
La SNBC3, adoptée par décret n° 2026-636 du 16 juillet 2026, fixe un budget carbone annuel de 276 MtCO2e pour 2030 (périmètre hors puits de carbone, format Secten). Depuis les 367 MtCO2e de 2024, la France doit réduire ses émissions de 91 MtCO2e en six ans, soit en moyenne −5 % par an. Or le communiqué du ministère de la Transition écologique indique que le rythme moyen observé entre 2017 et 2025 est de seulement −2,8 % par an — deux fois trop lent.
Le Haut Conseil pour le Climat (Rapport annuel 2026) confirme que l’accélération doit être prioritairement portée par les secteurs du transport et du bâtiment.
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Pour les entreprises industrielles, de transport ou de construction, ces données signalent une pression croissante : reporting carbone (BEGES, CSRD), obligations sectorielles et signaux-prix du marché carbone convergent vers une décarbonation accélérée. Hector Transitions accompagne les organisations qui souhaitent mobiliser les financements européens pour leur transition bas-carbone — en articulant stratégie d’émissions et accès aux dispositifs d’aide publique.
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Cet indicateur est publié par l’Observatoire des Transitions, édité par Hector Transitions. Il est fourni à titre informatif et de veille ; il ne constitue pas un conseil personnalisé. Données issues de sources officielles (CITEPA Secten 2026, SDES Chiffres clés du Climat 2025, Haut Conseil pour le Climat, Ministère de la Transition écologique) ; toute décision stratégique doit s’appuyer sur une analyse adaptée à votre situation.